À Ottawa, on se sent comme dans un petit nid douillet, diverti par la spontanéité et le naturel de sa population, rêveur en dessous des gratte-ciel du quartier financier, étonné devant son identité au très fort goût anglais et les quelques richesses architecturales que la reine Victoria y a laissées.
Une visite sur la colline du Parlement suffit à apprécier le caractère « outaouais ». J’ai d’ailleurs battu à l’occasion mon record de présence dans un seul et même lieu touristique, avec à la clé, autre record, trois visites guidées à la suite. Et pourtant, ces cinq heures sont passées en un éclair ou presque. En dehors de la beauté des trois édifices parlementaires et de la vue imprenable sur la ville sur laquelle donne le site, c’est bien les gens qui m’ont le plus accrochée. Les guides notamment, jeunes, décontractés et, pour la petite pointe exotique, au français revisité ; à ce titre, l’immense « Scott », à l’épaisseur d’une carte postale, au cou de girafe se terminant par une minuscule tête, mais au sourire tellement charmant, a réservé quelques jolies surprises à la poignée de visiteurs que nous étions. Voici quelques petites perles (je ne peux pas résister…) :
« George-Étienne Cartier meurt l’année prochaine, en 1873. »
« Sir John et ce George étaient très culturés. »
« Sir John a laissé une vie assez luxe en Angleterre. »
« Sir John est tombé en amour de la ville* »
« Lady MacDonald a peinturé les murs du bureau. »
« C’est le parti conservatoire qui a pris ces décisions. »
En plus de vous faire marrer, les « Ottaviens », ils vous sourient, comme ça, sans raison, dans la rue ou bien quand vous passez à côté d’eux près d’une table de café.
Les « Ottaviens », quand ils vous voient paumés avec valise et plan à la main, dégoulinant sous le chaud soleil, ils viennent immédiatement vous voir, vous disent que pour aller à la gare, il faut prendre le bus n°95, qui part du quai qui se trouve juste là, en dessous du pont, que le billet coûte trois dollars, à donner directement au chauffeur, et que la gare ne se situe qu’à deux stations. Ensuite, quand vous arrivez sur le quai en question, bientôt suivis du bus 95, ils vous font un dernier signe en criant : « c’est celui-là ! »
Les chauffeurs de bus « ottaviens », quand ils parlent anglais et pas français et vous français et à peine anglais, quand en plus vous n’avez pas trois dollars et que vous emmerdez tout le monde avec votre valise, ils vous demandent en souriant : « alors, vous partez en week-end ?! »
Ottawa, le pays des gens gentils…
* J’ai appris plus tard que cette expression était courante en québécois.
Un petit dej’ typiquement anglais pour bien commencer la journée (le lendemain, j’ai demandé du jambon en plus…).
Le Parlement.
Ça ne vous rappelle pas l’Angleterre ça aussi ?
Non, aucun ne s’est cassé la gueule !
L’intérieur du Sénat, avec le trône réservé au couple royal. Le Canada est une monarchie constitutionnelle et, bien qu’indépendant, reste sous la souveraineté de la reine d’Angleterre.
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