Dans les rues, chaque passant se cachait dans sa bulle, se protégeant au mieux du froid en fendant l’atmosphère gelée. La vie se concentrait dans les magnifiques villas victoriennes des quartiers périphériques ou bien dans de charmantes maisons toutes serrées comme pour se tenir chaud. Parfois, quelques surprises m’attendaient, elles réveillaient l’ambiance, la faisaient douce et attirante : les skieurs traversant les parcs et les patineurs glissant sur le fleuve saint-Laurent.
Aujourd’hui à 22h30, les vêtements ont tous disparu ou presque ; je transpire dans ma petite chambre du 9e étage, au dessus de la forêt et des écureuils.
Dehors, l’ambiance bat son plein dans quelques endroits stratégiques, comme si la population rattrapait le temps perdu en investissant un espace commun. Le contraste avec Madrid reste toutefois saisissant. Là-bas dans mon ancien chez-moi, une effervescence permanente, presque partout ; une foule bigarrée, bruyante, mélange de cris d’enfants, de parents qui leur courent après, de rires exagérés d’adolescents aux hormones en ébullition, de voix enjouées de mamies sortant entre copines, et ce, jusqu’à 1 heure du mat’ (bien tassée). À Madrid, tout le monde sort, investit la rue, souvent sans discrétion, en pensant d’abord à son propre plaisir mais en restant prêt à s’agréger à de nouveaux groupes au gré de ses déambulations nocturnes, histoire de pimenter la fête. Malgré ce côté superficiel et exagéré, la ville « attrape » par son exubérance, sa liberté, et je ne pourrai pas éviter d’y passer, à l’avenir, quelques week-ends.
Les Québécois, pour leur part, attachent plus de valeur à la politesse, à la courtoisie, et se laissent aller sans excès, sans désir de faire plus que le voisin. Ils ont le contact facile eux aussi, mais il s’appuie sur une base différente : c’est leur simplicité et leur tranquillité qui les amènent à échanger sans difficulté, à aller naturellement vers les autres ou bien à les recevoir avec une grande gentillesse. J’en ai fait l’expérience à Ottawa (lire « Au pays des gens gentils ») et à Québec (billet à venir). À Montréal, j’en ai eu l’occasion notamment au festival « Juste pour rire », en circulant au milieu des nombreuses animations présentes durant 11 jours dans plusieurs rues, créant tout un monde imaginaire quelque part entre le quartier gay et les gratte-ciel (voir les quelques photos un peu plus bas).
Montréal m’étonne et me séduit par son côté étonnement serein. J’aime la découvrir, je m’y sens bien… mais elle ne m’attrape pas.
Ce jeune homme (qui ressemble étrangement à mon frère, mais là n’est pas la question…) est en train de construire un hamac. La création dans son ensemble, qui représentait d’après moi une toile d’araignée géante, possède toutefois une valeur bien plus symbolique : « C’est une œuvre d’art, réalisée « in situ ». Elle change tout le temps en fait ». Il pose son scotch et conclut, avec un énorme et charmant sourire :« c’est organique ! »
1 commentaire:
Sur la 3ème photo il s'agit de la compagnie qui a joué pour l'inauguration de la fabrique !
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