dimanche 3 août 2008

San Francisco, waouh !

En attendant les textes, voici les premières photos de San Francisco…




















jeudi 31 juillet 2008

"Une Française à Madrid" publié !

Rendez-vous sur la page :
http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=11747
pour consulter ma page de présentation et, si ça vous dit, commander le livre !

samedi 19 juillet 2008

jeudi 17 juillet 2008

Jour 16 - Une après-midi avec Roselyne et Josiane

- Extraits (fictifs) de courts dialogues québécois -
Les termes portant un astérisque renvoient au lexique (lui-même complété par d'autres mots purement québécois).


12 h : les deux adolescentes se retrouvent chez Roselyne. Objectifs de la journée : bouffer(1) et magasiner*.
« Allo* !
- Bonjour Josiane ! Ça va bien ?
- Oui ça va bien. On va dîner* ?
- Il faut que je passe au marché* d’abord.
- OK. Tu vas auquel ?
- À Metro. T’as pas vu la pub ? Prix coupés sur les cure-oreilles* et les protèges-dessous* ! Et prix gelés sur les débarbouillettes* et les tampons à démaquiller* !
- Tu pourrais en profiter pour acheter quelques trucs pour l’apéritif de ce soir.
- OK, je prendrai un paquet de grignotines* et deux ou trois trempettes*.
- Des grenobles* aussi et des muffins au bleuet* !
- Bonne idée.
- Très bien. Pendant ce temps j’irai à la fruiterie, ensuite je passerai au dépanneur* acheter un briquet, j’ai perdu le mien… Ah, y a aussi ma mère qui veut que j’amène une chemise au nettoyeur*… »

Après les courses, Josiane et Roselyne se mettent d’accord sur un restaurant où aller casser la croûte(1).
« Pourquoi pas la brochetterie de la rue Côte-des-Neiges ? Ils font des supers sous-marins* au steak !
- D’accord.
- Il se peut qu’il y ait du monde par contre…
- On verra bien…
- Ouais.
- On y va comment ?
- J’ai envie de prendre mes patins à roues alignées.
- Moi je prends mon vélo ! Le problème c’est que je connais pas bien les pistes pour aller là-bas.
- Attends on va regarder sur le mappe*. »

Une demi-heure plus tard…
« T’as vu tout ce monde !
- Oui Roselyne, j’ai vu…
- Le mieux c’est d’aller demander à l’intérieur si on pourra avoir une place avant la fermeture.
(…)
- Bonjour ! Ça va bien ?
- Bonjour. Est-ce qu’on pourra avoir une place avant la fermeture ?
- C’est flush*… Vous arrivez tard et il y a beaucoup de monde dans la ligne*…
- Bon, qu’est-ce qu’on fait Roselyne ?
- On va plutôt changer d’endroit.
- OK. »

Les deux copines se rabattent sur le Mc Do du coin.
« On prend une poutine* chacune ?
- OK.
- Quelle grandeur tu préfères ?
- La régulière.
- Ouais moi aussi… En plus après, comme on aura encore faim, on ira s’acheter des cookies à la canneberge*. J’adore la canneberge !!
(…)
- Bonjour. Deux poutines régulières.
- 10 dollars et 15.
- Roselyne, t’as pas 15 sous ?
- Non…
- Ça fait rien… Voilà vos poutines.
- Merci.
- Bienvenue*.
- Bonjour*.
- Bonjour. À la prochaine. »

14h30. Devant l’entrée du réseau souterrain montréalais, soit des dizaines de kilomètres de restaurants (comprendre « fast-food ») et de boutiques.
« T’as bien barré* ton vélo Roselyne ? Y a beaucoup de passage par ici…
- Ouais, ouais.
- Bon on va magasiner au Centre Eaton ? Y a Gap et American Apparel(2).
- Oui, il me faut une camisole*. En plus, je crois que présentement ils font des rabais.
- OK. Après je passerai à la cueillette* de la pharmacie.
- OK, j’en profiterai pour acheter une carte de souhaits, c’est l’anniversaire de mon frère.
- On prendra « Elle » aussi(3) ! Pamela m’a dit qu’il y avait une super entrevue de Jennifer Aniston !
- Ah ouais ?????
- Ouais !!!!!!! On peut participer à un jeu aussi, et courir la chance de gagner une paire de billets pour New York !
- Et tu veux qu’on parte ensemble ?
- Ben pourquoi pas ?
- Ben comme je suis tombée en amour de Sébastien, je préfèrerais partir avec lui… En plus il est majeur, ça fait une sécurité pour mes parents. »


Lexique

Âge d’or : 3e âge
Allo : salut
Barrer : verrouiller
Bienvenue : de rien (en réponse à « merci »)
Boyau : tuyau
Bonjour : bonjour / au revoir
Brasser : mélanger / remuer / secouer
Camisole : gilet
« C’est flush » : « c’est limite »
Carte de souhaits : carte de vœux (oui, elles se vendent aussi en pharmacie…)
Disques de coton : tampons à démaquiller
Cueillette : guichet où l’on récupère une commande
Cure-oreille : coton-tige
Débarbouillette : lingette démaquillante
Dépanneur : petite épicerie
Dîner : déjeuner
En retourner : rentrer (d’un lieu)
Entrevue : interview
Grandeur : taille (se dit aussi pour les vêtements)
Grenoble : noix
Grignotine : amuse-gueule
Laveuse : lave-linge
Ligne : file
Magasiner : faire les magasins
Mappe : plan
Marché : supermarché
Nettoyeur : pressing
Patins à roues alignées : rollers
Poutine : frites avec cheddar fondu, le tout recouvert d’une sauce indéfinissable (désolée…)
Prix gelés : prix inchangés
Prix coupés : prix en baisse
Protège-dessous : protège-slip
Sécheuse : sèche-linge
Sous : centimes
Sous-marin : sandwich allongé avec pain à hamburger
Tabagie : bureau de tabac
Tantôt : à l’instant
Tomber en amour : tomber amoureux (ça c’était pas dur non plus)
Trempette : sauce où l’on peut tremper des chips, des gressins, etc.


Mots sans traduction :Bleuet et canneberges : baies, au même titre que le cassis, la myrtille, la framboise, etc.

1 terme beaucoup moins familier qu’en France.
2 marque de vêtements.
3 les pharmacies constituent en réalité de mini supermarchés…

mercredi 16 juillet 2008

Jour 15 – Montréal l’hiver, Montréal l’été

Il est loin l’hiver et ses -15°C, le souvenir de mes 10 couches de vêtements (j’exagère à peine) empilés tant bien que mal sur mon pauvre petit corps soudain bien trop lourd. C’était en janvier 2006, lors de ma première découverte de la ville.
Dans les rues, chaque passant se cachait dans sa bulle, se protégeant au mieux du froid en fendant l’atmosphère gelée. La vie se concentrait dans les magnifiques villas victoriennes des quartiers périphériques ou bien dans de charmantes maisons toutes serrées comme pour se tenir chaud. Parfois, quelques surprises m’attendaient, elles réveillaient l’ambiance, la faisaient douce et attirante : les skieurs traversant les parcs et les patineurs glissant sur le fleuve saint-Laurent.

Aujourd’hui à 22h30, les vêtements ont tous disparu ou presque ; je transpire dans ma petite chambre du 9e étage, au dessus de la forêt et des écureuils.
Dehors, l’ambiance bat son plein dans quelques endroits stratégiques, comme si la population rattrapait le temps perdu en investissant un espace commun. Le contraste avec Madrid reste toutefois saisissant. Là-bas dans mon ancien chez-moi, une effervescence permanente, presque partout ; une foule bigarrée, bruyante, mélange de cris d’enfants, de parents qui leur courent après, de rires exagérés d’adolescents aux hormones en ébullition, de voix enjouées de mamies sortant entre copines, et ce, jusqu’à 1 heure du mat’ (bien tassée). À Madrid, tout le monde sort, investit la rue, souvent sans discrétion, en pensant d’abord à son propre plaisir mais en restant prêt à s’agréger à de nouveaux groupes au gré de ses déambulations nocturnes, histoire de pimenter la fête. Malgré ce côté superficiel et exagéré, la ville « attrape » par son exubérance, sa liberté, et je ne pourrai pas éviter d’y passer, à l’avenir, quelques week-ends.
Les Québécois, pour leur part, attachent plus de valeur à la politesse, à la courtoisie, et se laissent aller sans excès, sans désir de faire plus que le voisin. Ils ont le contact facile eux aussi, mais il s’appuie sur une base différente : c’est leur simplicité et leur tranquillité qui les amènent à échanger sans difficulté, à aller naturellement vers les autres ou bien à les recevoir avec une grande gentillesse. J’en ai fait l’expérience à Ottawa (lire « Au pays des gens gentils ») et à Québec (billet à venir). À Montréal, j’en ai eu l’occasion notamment au festival « Juste pour rire », en circulant au milieu des nombreuses animations présentes durant 11 jours dans plusieurs rues, créant tout un monde imaginaire quelque part entre le quartier gay et les gratte-ciel (voir les quelques photos un peu plus bas).
Montréal m’étonne et me séduit par son côté étonnement serein. J’aime la découvrir, je m’y sens bien… mais elle ne m’attrape pas.






Ce jeune homme (qui ressemble étrangement à mon frère, mais là n’est pas la question…) est en train de construire un hamac. La création dans son ensemble, qui représentait d’après moi une toile d’araignée géante, possède toutefois une valeur bien plus symbolique : « C’est une œuvre d’art, réalisée « in situ ». Elle change tout le temps en fait ». Il pose son scotch et conclut, avec un énorme et charmant sourire :« c’est organique ! »

mardi 15 juillet 2008

Jour 14 – Monsieur le Directeur*, et tous les autres

Comme l’an dernier à la même époque** monsieur le directeur, vous me donnez la petite impulsion qu’il me manquait. En lisant votre mail surprise, ses mots tout simples et pleins d’affection, vous m’encouragez à profiter encore plus de « mes longues vacances », à me fondre dans la population, à profiter d’elle, et vous me répétez ce que je sais déjà : m’enrichir au contact de tous ceux que je croise, à tout moment. Je le sais déjà, et vous savez que je le sais ! Vous y attachez la même importance que moi, voilà tout.

Après de longs et parfois douloureux efforts, c’est bien à Madrid que j’ai finalement goûté à cet enrichissement plus que n’importe où ailleurs. Une foule d’horizons différents se sont ouverts, suivant le caractère, la manière d’être, l’histoire, l’identité de chacune des personnes que j’y ai rencontrées. Et ces dernières sont venues s’ajouter à beaucoup d’autres qui comptaient déjà pour moi depuis plusieurs ou de nombreuses années. Résultat, je me sens entourée comme jamais. Chacun de ces liens me soutient, me porte, et cela même à 6 000 kilomètres de leur lieu d’origine.

Mes amis, vous me faites tous un bien fou !


* l’un de mes anciens élèves.
** cf. Une Française à Madrid.

dimanche 13 juillet 2008

samedi 12 juillet 2008

Jour 11 – Les « Ch’tis » en visite au Québec !

Aujourd’hui avait lieu l’avant-première du film à Montréal, et cela en présence du chef biloute : Dany Boon ! Tapis rouge, télés, VIP, prestigieuse salle de 900 places avec piliers en marbre, fines tapisseries brodées et statues en stuc rehaussé d’or : la ville a fait honneur au nouveau statut du ch’ti. Prix à payer pour les fans (reconnaissables à leur casquette « Chalut Biloute ! » vissée sur la tête)* : une heure trente d’attente afin de s’assurer la meilleure vue sur l’écran géant et, accessoirement, sur la plus célèbre des « P’tites Quéquettes »…

Quelques confidences (mais peut-être ont-elles déjà fait le tour de la France…) :
- ils étaient réellement saouls lors de leur tournée à vélo et de leur arrêt pipi au bord du canal (la scène était tellement réaliste il est vrai)…
- Daniel Auteuil aurait dû tenir le rôle de Kad, les producteurs souhaitant un « grand nom » en rôle principal (ils avaient peur du flop, et s’assurer une tête d’affiche aurait permis de limiter la casse), mais son emploi du temps surchargé aurait trop repoussé le tournage. Dany Boon a ensuite demandé à José Garcia, qui a refusé car « très fatigué d’un précédent tournage ». Quatre ou cinq autres acteurs ont également dit non…
- Dany Boon a rencontré Will Smith, qui lui a acheté les droits pour le remake américain…

Mais peut-être que vous en avez marre d’entendre parler des Biloutes, non ?


* J’étais troisième dans la file, mais sans la casquette…


Il est un peu petit mais c'est bien lui !

Petit aperçu du cinéma (l'écran est à droite de ce que vous voyez).

vendredi 11 juillet 2008

Jours 9 et 10 – Au pays des gens gentils

Hier et aujourd’hui, j’ai rencontré les habitants les plus gentils du monde : les « Ottaviens » ; ils vivent dans la capitale la plus douce qui soit, Ottawa. Le faste parisien, la folie madrilène, l’électricité londonienne ou encore l’histoire romaine sont bien loin de cette charmante ville aux allures provinciales, à l’accueil simple et chaleureux.
À Ottawa, on se sent comme dans un petit nid douillet, diverti par la spontanéité et le naturel de sa population, rêveur en dessous des gratte-ciel du quartier financier, étonné devant son identité au très fort goût anglais et les quelques richesses architecturales que la reine Victoria y a laissées.

Une visite sur la colline du Parlement suffit à apprécier le caractère « outaouais ». J’ai d’ailleurs battu à l’occasion mon record de présence dans un seul et même lieu touristique, avec à la clé, autre record, trois visites guidées à la suite. Et pourtant, ces cinq heures sont passées en un éclair ou presque. En dehors de la beauté des trois édifices parlementaires et de la vue imprenable sur la ville sur laquelle donne le site, c’est bien les gens qui m’ont le plus accrochée. Les guides notamment, jeunes, décontractés et, pour la petite pointe exotique, au français revisité ; à ce titre, l’immense « Scott », à l’épaisseur d’une carte postale, au cou de girafe se terminant par une minuscule tête, mais au sourire tellement charmant, a réservé quelques jolies surprises à la poignée de visiteurs que nous étions. Voici quelques petites perles (je ne peux pas résister…) :
« George-Étienne Cartier meurt l’année prochaine, en 1873. »
« Sir John et ce George étaient très culturés. »
« Sir John a laissé une vie assez luxe en Angleterre. »
« Sir John est tombé en amour de la ville* »
« Lady MacDonald a peinturé les murs du bureau. »
« C’est le parti conservatoire qui a pris ces décisions. »

En plus de vous faire marrer, les « Ottaviens », ils vous sourient, comme ça, sans raison, dans la rue ou bien quand vous passez à côté d’eux près d’une table de café.
Les « Ottaviens », quand ils vous voient paumés avec valise et plan à la main, dégoulinant sous le chaud soleil, ils viennent immédiatement vous voir, vous disent que pour aller à la gare, il faut prendre le bus n°95, qui part du quai qui se trouve juste là, en dessous du pont, que le billet coûte trois dollars, à donner directement au chauffeur, et que la gare ne se situe qu’à deux stations. Ensuite, quand vous arrivez sur le quai en question, bientôt suivis du bus 95, ils vous font un dernier signe en criant : « c’est celui-là ! »
Les chauffeurs de bus « ottaviens », quand ils parlent anglais et pas français et vous français et à peine anglais, quand en plus vous n’avez pas trois dollars et que vous emmerdez tout le monde avec votre valise, ils vous demandent en souriant : « alors, vous partez en week-end ?! »

Ottawa, le pays des gens gentils…


* J’ai appris plus tard que cette expression était courante en québécois.


Un petit dej’ typiquement anglais pour bien commencer la journée (le lendemain, j’ai demandé du jambon en plus…).

Le Parlement.



Ça ne vous rappelle pas l’Angleterre ça aussi ?

Non, aucun ne s’est cassé la gueule !

L’intérieur du Sénat, avec le trône réservé au couple royal. Le Canada est une monarchie constitutionnelle et, bien qu’indépendant, reste sous la souveraineté de la reine d’Angleterre.